MA GUITARE

Paroles et musique Benoit Albert Claude

Je t’ai découverte tout en haut d’une armoire

dans le fond d’une chambre d’un vieux couple d’amant

qui t’avaient oubliée pour le lit doux d’un soir,

d’une nuit ou d’un jour, en leurs amours charmants

Je t’ai prise dans mes bras encore toute endormie

comme une étrangère seule et abandonnée

comme une Espagne en feu, fuyant la mort patrie

Federico en terre, sa poésie brûlée.

Et je t’ai accordée toutes mes attentions

Tu as pris mes deux mains, ton corps apprivoisé

nos vies en résonance pour jouer la passion

mes doigts courant après tes notes effrénées,

Ô ma guitare ! Ô ma guitare !

tu m’as donné une âme, je vole au gré des vents

tant je vibre tes cordes, dans un accord parfait.

tant je chante ton art, noire sous l’air du temps,

Ô mes tristes complaintes, mes berceuses à pleurer

J’ai épousé tes formes, douces et généreuses

j’ai rempli tout mon cœur de belles mélodies

j’ai chanté à tue tête, la liberté heureuse

à en perdre mon souffle, à en risquer la nuit.

que me frôlent les balles, que parlent leurs fusils

que demain meurent encore le chant des poètes

qu’à nouveau il torture, comme JARA au chili

je n’aurai plus la peur collé à tout mon être.

Ô ma guitare ! Ô ma guitare !

Qu’ils viennent pour me faire taire, ces tueurs d’utopie

ses enfants du silence, ses serviteurs aux dieux

je chanterai les maux bien mieux que l’infini

pour ceux qui sont muets, sans notre amour radieux.

Tu as porté ma vie, presque mieux qu’une mère

caressant tous mes rêves me donnant de la voix

même si bientôt là-bas, tombé au cimetière

je serai l’oiseau mort que l’éclair foudroie.

Qu’ils viennent alors qu’ils viennent, pour m’emporter, qu’ils viennent

un peu d’humanité s’est nourri de nectar

conscient de l’inconscient et encore plus humaine

qu’ils viennent encore, qu’ils viennent, j’ai semé ma guitare.

Ô ma guitare ! Ô ma guitare !

Our Clients